lundi 27 février 2012

Horoscope



Quand les gens autour de moi attrape un journal, leur premier réflexe est de lire leur horoscope.
J'ai toujours trouvé cette pratique à la fois étrange et fascinante, de voir comment quelques phrases pouvaient ainsi rythmés le quotidien des gens, voir aussi comment quelque chose de complètement généraliste était approprié, détourné, par chaque personne qui la lisait pour la faire sienne.

Dans un premier temps, j'ai donc récolté, archivé, tous les horoscopes trouvé dans Midi Libre qui me tombait sous la main. A partir de ça, j'ai extrait quotidiennement douze phrases, une pour chaque signe, sur une période d'un mois, et me suis mise à écrire une phrase ou un court texte en réponse à celles que j'avais choisi.

J'ai pris le parti d'ôter le nom des signes astrologiques, pour qu'à la fois tout le monde et personne ne se sente vraiment concerné par ce qui est dit, accentué par le fait qu'il n'y ait aucun repère de temps possible.
Pour appuyer mon discours, lorsque j'ai écrit mes textes, j'ai employé des pronoms personnels, pouvant ainsi représenter une personne en particulier et plusieurs à la fois.

Le résultat de mon travail, est un site internet, présenté comme un calendrier, sur lequel on retrouve les trente livres que j'ai réalisé.

Manuela Navarro ESBAMA

Un monument revisité.


C’est en parcourant le site des archives départementales de l’Hérault qu’est né mon projet : Celui de retrouver des informations sur le village de mes grands parents : « Saint Thibery ». Grâce à cela, j'ai pu retrouver d’anciennes photographies d’un vieux pont Romain (le monument principal du village). Les photographies sont datées de 1915.

Puis, en me documentant sur son histoire ; j’ai appris qu’il permettait aux romains de franchir le fleuve pour rejoindre l’antique Cessero (L’ancien nom du village de Saint Thibéry). En 1683, Il a été détruit par une crue de l'Hérault et comportera par la suite des parties refaites au Moyen-âge. Ce n’est qu’en 1862, que le pont fait l'objet d'un classement au titre de Monument Historique.

Récemment, ce pont qui aujourd’hui est en ruine a été entièrement immergé le 13 novembre 2011. Aux dires de certains observateurs, le record du niveau de crue à cet endroit qui datait de 1873 aurait même était battu, ce qui situe le degré d’intensité de cet épisode pluvieux dans l’Hérault.

Pour ce projet: J’ai d’abord eu l’idée de rénover fictivement et graphiquement le pont. Je me suis rendue sur les lieux pour prendre quelques photographies de différents points de vue. J’ai même essayé de trouver un autre pont pour traverser l’Hérault à pied, étant donné que le pont est coupé en deux. Mais, malheureusement, il faut plusieurs kilomètres avant de le contourner. Suite à toutes ces expériences, j’ai abandonné l’idée de rénovation pour au contraire exploiter ce problème. Pour cela, j’ai utilisé la gravure en créant finalement un obstacle surdimensionné (Le pont se retrouve bouché par une accumulation de troncs, de poutres et de bois)  dans un univers en noir et blanc quasi-apocalyptique. 


PORLAN Sarah ESBAMA

Michel face au soleil




Mon arrière grand père est décédé en 1936 à l’âge de 35ans. Il se nommait Michel Alemany. Il appartenait au régiment du 28e Génie de Montpellier et faisait parti de l’équipe de rugby du régiment qui a remporté en 1932 la Coupe de France.

J’ai effectué un véritable travail de recherches et de recueil d’informations pour réussir à regrouper assez d’éléments sur lui. Il a eu deux filles avec sa femme. Seule la cadette de la famille est encore en vie mais elle avait seulement quatre ans quand il est décédé donc ses souvenirs sont flous. La légende familiale raconte qu'il a perdu la vie suite à une piqure prodiguée par une infirmière qui lui a causé un infarctus.

Après de nombreux essais pour honorer Michel, j’ai choisi de créer un flipbook à partir d’archives photographiques personnelles. Le carnet est composé de deux photographies alternées. Mon arrière grand père fut immortalisé devant un arbre dans son uniforme en 1935. Il paraît ébloui par le soleil. J’ai modifié cette photo pour lui fermer les yeux. En alternance, mon arrière grand père ouvre et ferme les yeux. L'animation simule la possibilité de deux photographies prisent sur le même instant où l'intensité de la lumière du soleil entraîne le raté et la réussite de la prise de vue. Le carnet donne une seconde vie à Michel à titre posthume.




Esbama, Chloé Richez.

Archiver ma famille

Le projet central dont je vous fais la présentation aujourd’hui trouve sa source dans une conception très personnelle de l’identité. Si l’identité reste une notion difficile à définir, car étant l’agrégat harmonieux ou pas d’un certain nombre de composantes, elle se confond, à mon sens, en grande partie avec l’origine.
Ce fil directeur du projet s’inscrit dans un thème plus général qu’est le thème de l’identité et la fiction. En effet j’ai pu réaliser une série de photographie classée par ordre chronologique dans un album. Celle ci m’est intimement liée à plusieurs égards :
D’une part cette série photographique regroupe 3 générations, celle de mon grand père, de mes parents et de moi même. A ce titre c’est en quelque sorte une histoire familiale qui défilait devant mes yeux au fur et à mesure que le projet aboutissait.
De l’autre, n’ayant jamais vécu en Corée et par conséquent n’ayant jamais eu l’occasion de connaître ma famille, cela semblait comme une nécessité que de retracer l’histoire de cette famille. Ainsi ce projet éclaircit d’une certaine manière les questions que j’avais à propos de mes propres origines. 
Pour atteindre cet objectif j’ai eu l’occasion d’entamer des recherches aux sources variées notamment les témoignages de ma grand mère  résidant à Séoul et de mes parents mais aussi de photographies issues d’archives de familles montpelliéraines datant du XVIII et XIXème siècle. Vous l’aurez sans doute deviner à ce stade, l’idée était de retranscrire l’histoire de ma famille en utilisant des photographies de personnes anonymes dont l’empreinte laissée dans l’histoire montpelliéraine était elle bien réelle.
Confondre ainsi, dans un but de reconstitution d’une vérité, l’histoire de ma famille à celle de personne anonyme en plaçant les premiers dans un cadre différents de celui des deuxièmes, attisera la curiosité du spectateur entouré alors d’une atmosphère intrigante, et c’est ici la deuxième du projet, à faire la transition avec un environnement qui s’inscrit dans un cadre totalement réel et authentique s’agissant alors de mes photos d’enfance.

Wonji HONG ESBAMA






dimanche 26 février 2012

Les trous noirs de la mémoire urbaine


A partir d'une recherche aux archives, je me suis rendue compte qu’il n’existait pas de cartes de Montpellier entre le cadastre napoléonien (entre 1807 et 1838) et les cartes d’Etat Major, les plus récentes datant de 1907.

Si la répartition des bâtiments de l’Ecusson a peu évolué durant cette période, il en est autrement pour le cadastre et le vécu de ces lieux. Comment construire alors une mémoire collective ?

Comme s’il s’agissait d’une maladie neuronale, l’animation vidéo proposée présente le cadastre de 1807, centré sur l’Ecusson, progressivement dévoré aléatoirement et irrémédiablement par ces « trous noirs de la mémoire urbaine».


Dessin de procès

Par le biais des caractéristiques du dessin de procès d’aujourd’hui, j’ai voulu resituer à notre époque une procédure judiciaire de 1800. Ce type de dessin est souvent réalisé à l'aquarelle avec parfois des annotations. Cela m'a, par la suite, donné l'envie de finaliser mon projet en revisitant la forme d’une planche de bande -dessinée au format A3 en mixant différentes images de procès récents et le texte que j’ai trouvé au archive datant de 1811. Il y a donc un décalage entre les annotations en vieux français et  les dessins qui se distinguent au niveau du cadre et l'époque dans laquelle se trouvent les scènes.

Synopsis des accusées de la procédure judiciaire de 1811 :


Deux femmes, Marguerite Richard et Marie Jean-jean, toutes les deux domiciliées à Prades, sont accusées d'avoir troublé l'ordre social et la tranquillité publique  par attroupement injurieux et en outrageant le maire de Prades en chantant des chansons obscènes.



Synopsis des deux accusées de différents procès contemporains :

Béatrice Matis accusée d'avoir assassinée à coup de couteau la conjointe de son ex-mari et Simone Weber accusée d'avoir tué son marie et de l'avoir découpé en morceaux avec une moelleuse à béton.  

Rulence Laurie  ESBAMA

Archéomnésie








Des boîtes en cartons remplies de plâtre sur lequel on a incisé jusqu’ à laissé apparaître des photos.
La mémoire est ici pensé comme un espace où les souvenirs enfouis sont révélés comme un archéologue qui retrouverait des traces du passé, hommage au photojournalisme ou forme de résistance contre l’oubli, chacun pourra redécouvrir sa propre histoire à travers celle de l’ humanité.

Alexandra ANG